Suzanne, l’espoir du hand calédonien

15 mars 2017

Sport

Suzanne en pleine action aux interpôles 2016. À droite, son ancien entraîneur du pôle espoirs de Nouméa, Olivia Vaitanaki

À 16 ans seulement, la handballeuse Suzanne Wajoka a été sélectionnée en équipe de France jeunes. L’ancienne pensionnaire du pôle espoirs de Nouméa doit s’envoler pour la Hongrie le 17 mars afin de participer à son premier tournoi international avec les Bleues.

Depuis son arrivée en Métropole en août 2016 pour intégrer le pôle espoirs d’Orléans, la jeune Calédonienne n’en finit pas de gravir les échelons. Licenciée au club Fleury Loiret handball, Suzanne Wajoka évolue en championnat au plus haut niveau de sa catégorie d’âge et a déjà rejoint l’équipe de France cadettes. Le maillot des Bleues à peine endossé, voilà qu’elle est à nouveau repérée pour prendre part, en février, à un stage national réservé normalement aux meilleures joueuses de 1999/2000. À l'issue de cet entraînement chez les "grandes", Suzanne, née en 2001, fait partie des quatre joueuses "surclassées" retenues dans l'équipe de France des moins de 17 ans. À la clé, une sélection pour un tournoi en Hongrie qui se tiendra du 17 au 19 mars. Quelques jours avant le départ, la jeune fille ne cache pas son stress. « Il s'agit de ma première compétition avec l'équipe de France jeunes, à l'étranger en plus », confie-t-elle. 

Une joueuse physique et futée

Si Suzanne accomplit actuellement un beau parcours en Métropole, il ne faut pas oublier le travail réalisé en amont en Nouvelle-Calédonie et notamment avec son entraîneur du pôle espoirs de handball féminin, Olivia Vaitanaki. « J'ai repéré Suzanne lors d'un match de championnat jeunes alors qu'elle jouait avec la JS Mont-Dore. Je recherchais des joueuses qui avaient les qualités nécessaires pour intégrer le pôle lors de sa création en 2015,  se rappelle l’ancienne joueuse professionnelle qui est aussi passée par le club de Fleury. Suzanne a un potentiel physique impressionnant avec de grandes qualités de vitesse, de saut. Elle a aussi du mental et c’est une joueuse futée, avec une bonne vision du jeu ». Après un an d'entraînement au pôle espoirs de Nouméa, la Calédonienne effectue un premier stage national qui regroupe les meilleures joueuses de son âge. « Cette expérience m'a motivée pour partir en Métropole, explique Suzanne. Comme mon entraîneur croyait beaucoup en moi, je me suis dit pourquoi ne pas tenter ma chance ? ». À Orléans, Suzanne s’est bien adaptée et jongle désormais entre les entraînements, ses cours la semaine en seconde pro gestion administration et ses matchs avec le club de Fleury le week-end ! « Mon quotidien se passe bien, même si les entraînements sont durs. L'éloignement aussi est difficile, mais je suis souvent en contact avec ma famille et Olivia. »

Suzanne est en stage de préparation avec l'équipe de France jeunes depuis le 13 mars

Suzanne est en stage de préparation avec l'équipe de France jeunes depuis le 13 mars.

L’Euro 2017 en ligne de mire

En début d'année, la Calédonienne a retrouvé ses anciennes camarades du pôle espoirs aux interpôles de la zone nord-est qui ont eu lieu à Strasbourg. Olivia Vaitanaki a pu apprécier la progression de sa protégée. « Suzanne a pris de la maturité, elle est plus posée dans son jeu et regarde plus ce qui se passe autour d’elle. Elle a progressé techniquement dans ses duels et dans son tir. »

La prochaine étape pour la handballeuse sera donc la Hongrie. « Mon objectif est de me donner à fond pendant ce tournoi et de montrer de quoi je suis capable ! » Les Bleues y affronteront successivement le pays hôte de la compétition, les Pays-Bas, puis la Slovénie. L'enjeu ? Une qualification pour l'Euro 2017 qui se déroulera en août. Une belle perspective pour l'espoir calédonien du handball qui rêve de faire partie des « meilleures joueuses internationales » et qui pourrait, en continuant sur cette voie-là, envisager les Jeux olympiques en 2024…

Graines de championnes

Ouvert depuis février 2015, le pôle espoirs de handball féminin est une structure soutenue par le gouvernement, qui permet aux jeunes joueuses des provinces Sud, Nord et Îles de s’entraîner et de se former dans leur région. Objectif : préparer les joueuses de Nouvelle-Calédonie à intégrer des structures de haut niveau en Métropole, après l’obtention du diplôme du baccalauréat. Le pôle accueille actuellement seize jeunes filles âgées de 13 à 16 ans. Les athlètes s’entraînent assidûment – six à huit fois par semaine – et poursuivent leur scolarité entre le collège d’Auteuil et le lycée du Grand Nouméa. Ces établissements permettent de proposer des conditions de travail idéales pour la réussite scolaire et sportive du pôle espoirs, en facilitant l’accès aux lieux d’entraînement, de cours et d’hébergement, mais aussi un suivi médical et du soutien scolaire.